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LES TRADITIONS DU MARIAGE

EN IRLANDE DU NORD

 

 

 

 

 

Bonjour à toute la classe. Ceci est un livret sur les traditions et coutumes associées aux fêtes du mariage en Irlande. Nous avons redécouvert les coutumes locales et leur signification car elles ont, en partie, perdu leur côté culturel.

Nous avons aimé apprendre les coutumes locales, leurs traditions, leurs significations.

Après tout, c'est bien de comprendre et de garder ces vieilles coutumes et traditions, particulièrement lorsqu'elles font partie de notre héritage culturel. Aussi, nous espérons que vous apprécierez lire ce petit livret, au sujet des coutumes et traditions du mariage en Irlande.

 

PROGRAMME COMENIUS ACTION 1

Travail réalisé en 1997-1998 par

L'Ecole St Mary's Primary School

Teacher : Debbie Mac Govern

TEEMORE

NORTHERN IRELAND

 

 

 

HISTOIRE DE LA MYTHOLOGIE IRLANDAISE, SUR LA FACON D'ARRANGER LES MARIAGES

 

 

 

 

 

 

Cuchulainn vivait à la cour de Conor Mac Nessa's à Emain Macha près de Armagh. Conor était un roi puissant et aimé. L'Irlande était riche, prospère et en paix.

L'hospitalité des Conor était aussi grande que leur richesse. Dans la salle de réceptions, richement décorée d'argent et de bronze, se tenaient beaucoup de fêtes et de divertissements. On y faisait de la musique, de la poésie, on y racontait des histoires et l'on chantait. Et là, entre des cordes tendues d'un mur à l'autre, les guerriers exécutaient des exploits athlétiques d'équilibre, de jonglage, et des jeux d'adresse avec des épées et des lances.

Les femmes de la famille O'Conor aimaient regarder Cuchulainn accomplir ses exploits. Il était rapide, léger et solidement charpenté. Il était sage et aimable et il leur parlait doucement. Il était le plus beau de tous les hommes. Il était également prudent, à moins que la fureur du combat ne l'envahisse, comme le jour où il a pris les armes. Il était un habile joueur d'échecs et un bon juge. Il avait tous ces dons ainsi que celui de clairvoyance.

Les autres hommes étaient jaloux de Cuchulainn parce qu'il était trop jeune, trop posé, trop beau, trop populaire, avec les femmes. Aussi, ils décidèrent de lui trouver une femme. S'il avait une femme, se disaient-ils, leurs propres femmes et filles prêteraient moins attention à lui et seraient moins en danger. De plus, depuis qu'on lui avait dit que sa vie serait héroïque et courte, il serait aussi bien pour lui qu'il ait un fils, dès que possible, et que Cuchulainn lui-même soit le père d'un garçon aussi doué que lui.

Aussi, Conor envoya neuf hommes dans chaque province pour chercher une femme : la fille d'un roi ou d'un chef.

Une année plus tard, les messagers retournèrent et aucun d'entre eux n'avait trouver une fille pour Cuchulainn. Lui et son compagnon de char partirent dans un endroit appelé le Gardens of Lugh pour rencontrer une fille que Cuchulainn connaissait. C'était Emer la fille de Forgall the Wily et elle était la femme la plus belle et la plus accomplie d'Irlande. Laeg était le conducteur de char du pays et aucun ne pouvait aller plus vite que lui. Ils arrivèrent au fort de Forgall, rapidement.

Emer était assise sur la pelouse devant le château de son père, entourée des filles des fermiers voisins. Elle était entrain de leur enseigner la broderie quand elle a entendu, au lointain, les bruits des sabots des chevaux, le cliquetis des armes, le son du métal, et le roulement du chariot, approchant à toute vitesse.

Emer dit à sa sœur Fial : " Va voir qui arrive à cette vitesse aussi imprudente ! "

Fial partit en courant. " Je vois deux beaux chevaux, dit-elle, un noir et un gris. Ils sont attelés à un haut chariot en bois, avec les côtés en osier. Le harnachement est d'argent et le chariot de bronze. Dans le chariot, se trouve un homme sombre, mélancolique, mais le plus bel homme d'Irlande. Il est habillé de pourpre et d'or et ses armes sont d'argent et de bronze. A côté de lui , se trouve le conducteur aux cheveux roux. "

Quelques temps plus tard, le conducteur de char stoppa l'équipage de chevaux et Cuchulainn sortit du chariot les yeux brillants fixés sur Emer.

La jeune fille leva son beau visage pour regarder le visiteur et vit que c'était Cuchulainn. " J'aime à penser que votre voyage a été bon et sans danger " dit-elle, en l'accueillant. " D'où venez-vous et pourquoi êtes-vous ici ? "

" J'ai été élevé à la cour de Conor et je n'étais pas avec les serviteurs en cuisine. Mes compagnons étaient des chefs, des champions, des guerriers, des druides, des juges et des poètes. Parmi eux, j'ai appris l'hospitalité, la bienveillance et l'art du combat, l'honneur des champions, la sagesse et le bon jugement. J'ai appris à conter des histoires. Mon père est Lugh et ma mère, la sœur du roi Dechtire. Je suis le héros du royaume, le plus respecté et le plus aimé, le Maitre de l'Ulster et je combats pour l'honneur de tous ceux qui vivent ici. Vous Emer, comment avez-vous été élevée ? "

" J'ai été éduquée dans le respect des traditions. Je suis bien élevée, modeste, gracieuse, belle et égale en rang à la reine. Je suis la femme la plus admirée et la plus louée d'Irlande. "

" Nous semblons aller bien ensemble, dit-il " " Pourquoi ne pas nous unir ? "

Quand les compagnes d'Emer retournèrent à la maison cette nuit-là, elles contèrent à leurs parents l'étrange rencontre entre Emer et le beau jeune garçon venu dans les jardins de Lugh, dans un splendide char. Elles décrirent comment ils avaient parlé ensemble pendant un long moment avant que le jeune guerrier ne parte vers le Nord.

Le jour suivant les parents des filles allèrent voir Forgall et lui dirent ce qu'elles avaient entendu.

" Ce ne peut être personne d'autre que ce fou difforme venant de Emain Macha " dit Forgall en colère, il est venu ici pour faire la cour à Emer, laquelle est tombée amoureuse de lui. Cela ne va se passer comme ça ! Je vais mettre un point d'arrêt à cette idylle. "

Sur ce, Forgall partit vers Emain Macha avec deux amis déguisés en messagers du roi des Gaules, apportant tribus de vins et d'or à Conor Mac Nessa.

Conor reçut ses visiteurs et organisa une fête en leur honneur avec les divertissements habituels et les guerriers en chariot exécutèrent la prouesse de la corde et accomplirent leurs tours de force. Conor loua ses champions à ses invités et parla de la bravoure et de l'habilité de Conal, de Cuchulainn et des autres. Forgall acquiesca, spécialement à propos de Cuchulainn, mais dit à Conor qu'ils pourraient sans doute s'améliorer encore.

" Envoyez vos héros en Ecosse pour s'entraîner avec Donald the Destroyer. Et quand Donald leur aura enseigné tout ce qu'il sait, ils pourront aller plus loin vers l'Ouest, jusqu'à Skye, l'île de Scathach the Shadowy One. Cette guerrière mystérieuse peut leur enseigner des techniques de batailles spéciales et leur révéler des secrets de guerre et d'armes qu'elle seule connaît. Non seulement elle est courageuse et puissante, mais aussi, elle peut prédire l'avenir. Sous la conduite de Scathach, ils deviendront les meilleurs guerriers d'Europe. "

A ces mots, Conor, Conal, Laoghaire, et Cuchulainn décidèrent de partir pour l'Ecosse et bien sûr Forgall était très heureux. Il espérait que Cuchulainn tiendrait compte de ses conseils et deviendrait si impliqué dans les guerres de Scathach qu'il trouverait la mort.

Avant de partir pour l'Ecosse, Cuchulainn partit, en secret, dire à Emer où et pourquoi il partait.

" L'homme qui vous a donné cet avis n'était pas un messager de la Gaule, s'exclama Emer, sous le déguisement, c'était mon père. Il veut nous séparer et il souhaite votre mort. Aussi soyez sur vos gardes. "

Cuchulainn remercia Emer pour cet avertissement et ils se séparèrent, se faisant des promesses de fidélité, aussi longtemps qu'ils vivraient.

Quelque temps plus tard, ayant surmonté les épreuves proposées par Scathach, Cuchulainn revint en Irlande. Alors il retourna à Emain, Conor lui souhaita la bienvenue. A la grande fête donnée en son honneur, Cuchulainn fit part, à tous les invités, de ses exploits d'Ecosse. Alors, il partit dans l'intention d'enlever Emer de la maison paternelle afin de vivre avec elle. Forgall s'y attendait et son château était si bien fortifié que pendant un an Cuchulainn ne put s'en approcher.

Un an plus tard, Cuchulainn décida de mettre un terme à cette attente. Quand il arriva devant le château de Forgall, il fit son célèbre Saut du Saumon , et franchit les trois rangées de remparts pour atterrir à l'intérieur du château. Trois groupes de guerriers de neuf hommes chacun, le chargèrent. Il réussit trois coups majusteux de son épée tuant huit hommes dans chaque groupe, en laissant un guerrier vivant au centre. Les trois survivants étaient les trois frères d'Emer. Forgall essaya d'échapper en sautant au-dessus de ses propres fortifications, mais, il trébucha, tomba et trouva la mort.

Alors Cuchulainn saisit Emer, ainsi que son poids d'or. Puis, grâce à un bond prodigieux, sortit de la forteresse et s'enfuit. Une grande clameur monta des gens de Forgall et ses gardes se dispersèrent hors du fort pour poursuivre Cuchulainn et Emer. A chaque gué qu'ils traversaient, Emer sortait du chariot et Cuchulainn chassait ses pousuivants en envoyant des mottes de terre dans toutes les directions. Ses armes pointues transperçaient ses ennemis et laissaient des centaines de morts à chaque attaque. Il conduisit Emer à la demeure de The Red Branch. Il la présenta à Conor Mac Nessa et à ses gens qui l'accueillirent avec chaleur. Alors Emer et Cuchulainn devinrent mari et femme. Ils allèrent vivre à Dun Dealgan et ils restèrent unis jusqu'à la mort de Cuchulainn.

 

SUPERSTITIONS LIEES AU MARIAGE

 

On pensait que c'était malchanceux de se marier un lundi ou un vendredi.

La couleur verte ne portait pas chance et ne devait pas être portée par la mariée.

Ne portait pas chance

- la pluie le jour du mariage

- un verre ou une tasse cassée le matin du mariage

- un chien qui léchait le marié ou la mariée

- l'alliance qui tombait pendant la cérémonie

- quelqu'un qui embrassait la mariée avant le marié

 

 

 

Coutumes qui pouvaient porter chance

- le fait de lancer quelque chose à la mariée ou au marié en sortant de l'église.

- un homme plutôt qu'une femme devait être le premier à accueillir les nouveaux mariés, lorsqu'ils arrivaient à leur maison.

- le marié devait porter la mariée sur le pas de la porte pour entrer dans la maison.

- la mariée devait porter quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d'emprunté, quelque chose de bleu.

 

 

COUTUMES D'AUTREFOIS

 

 

 

 

Il y a longtemps en Irlande, la plupart des mariages avait lieu le jour du Mardi Gras, la veille du Carême. Les Catholiques n'étaient pas autorisés à se marier pendant le Carême, aussi beaucoup parmi eux, se mariaient le jour précédent. C'était " Galloping Tuesday ".

Avant qu'il n'y ait des voitures, la nocée allait à l'église en carriole irlandaise à deux roues.

Elle partait de la maison des parents de la mariée. La mariée et ses parents étaient dans le premier véhicule, les proches suivaient et le marié les rejoignait quelque part, le long du chemin. Il restait à l'arrière.

Avant qu'il n'y ait des charrettes tirées par les chevaux, la nocée voyageait à dos de cheval. La mariée était derrière son père, ou un autre homme de la famille et au retour elle était assise derrière son mari.

C'était une coutume pour les jeunes gens de faire la course pour aller de l'église à la maison de la mariée, après la cérémonie. Celui qui gagnait, recevait une bouteille de whiskey, on appelait cela " la course pour la bouteille ".

Parfois, la nocée marchait pour aller à l'église, conduite par un joueur de violon qui jouait un air comme " Haste of the Wedding "

 

 

 

Voici quelques autres coutumes qui avaient lieu lors des mariages :

- Quand le nouveau couple sortait de l'église, le marié présentait un plateau ou un plat avec des pièces dessus. Puis, il les jetait en l'air pour qu'elles se répandent parmi la foule. Les enfants et les mendiants jouaient des pieds et des mains pour les récupérer.

- Parfois, quand la nocée retournait de la maison au lieu de la réception, les garçons mettaient une corde en travers de la route et le marié devait payer le droit de passage.

 

A Derrylin et Teemore, il y avait la coutume d'avoir des " Strawboys " à la réception. Ils étaient habillés comme des joueurs de pantomime et voulaient danser avec la mariée, recevoir de la nourriture ou de la boisson. S'ils n'y réussissaient pas, ils pouvaient causer des désagréments et déranger la fête.

Quand la mariée arrivait à sa maison pour la fête, sa mère cassait un petit morceau de gâteau à la farine d'avoine, au-dessus de sa tête. C'était pour lui porter chance. Les jeunes gens se précipitaient pour ramasser un morceau du gâteau cassé et le mettait en dessous de leur oreiller, afin de rêver dans leurs futures femmes ou maris.

 

COMMENT TROUVER UNE FEMME OU UN MARI ?

 

Vous souvenez-vous de l'histoire de Cuchulainn et de Emer ?

Comment se sont-ils rencontrés ?

 

Il y a très longtemps la plupart des mariages étaient arrangés. Les parents allaient voir un marieur pour trouver le bon partenaire pour leur fils ou leur fille ou bien, quelqu'un de bien respecté dans la communauté, faisait le mariage ou faisait les présentations.

Alors, il n'y avait pas de voitures et peu de bicyclettes.

Les gens se déplaçaient donc à pied et ne s'éloignaient guère de leur maison quand ils allaient à la recherche d'un mari ou d'une femme.

 

Jusqu'au début du siècle, c'est à dire jusqu'à 1900, la plupart des terres en Irlande appartenait à des propriétaires terriens. Ils vivaient dans des châteaux ou des grandes maisons. Ils étaient aisés. Parfois, un propriétaire terrien mettait à louer une grande partie de ses terres à un intermédiaire, lequel, à son tour, en louait une partie à de petits fermiers. Les petits fermiers avaient des ouvriers qui travaillaient pour eux. Le propriétaire terrien avait des ouvriers qui travaillaient pour lui. C'était les plus pauvres de tous et ils n'avaient pas de terres, juste un taudis pour vivre.

Avant la famine de 1 845, la terre était divisée en toutes petites parcelles. Un fermier pouvait avoir moins de 4 hectares. Il pouvait avoir plusieurs fils donc la terre pouvait être encore divisée entre eux. Quand c'était le cas, les gens se mariaient très jeunes, donc la population en Irlande était importante. (Environ 8 millions). Quand il y a eu la famine et la mauvaise récolte de pommes de terre, environ 1 million de personnes sont mortes de faim et un autre million a émigré vers les Etats Unis. Certains propriétaires ont fait faillite et, vers 1850, à la fin de la famine, les petits fermiers ont donc été séparés de leurs terres.

Après cela, pendant environ deux cents ans, les gens ne se sont pas mariés si jeunes et la population d'Irlande est descendue jusqu'à 4 500 000. La terre est devenue très importante pour les Irlandais et a joué un grand rôle dans le choix des jeunes pour se marier. Les terrains, autour de notre école, appartenaient pour la plupart, au Comte Earl of Erne. Sa grande demeure et sa propriété étaient à Crom au-delà de Lisnaeka Road. La famille du Comte de Erne voulait seulement se marier avec des gens aisés comme eux. Les petits fermiers avaient un bail du Comte de Erne ou d'un de ses agents, ou d'un de ses intermédiaires. Quelques terres autour de l'école étaient louées à l'Eglise, au Pasteur de l'Eglise d'Irlande, le Révérend Mr Fox. Les fermiers qui avaient 10 ou 15 hectares de terre louée ne pouvaient pas espérer se marier à leur fille ou à leur fils. Ils ne pouvaient se marier qu'avec des gens comme eux. Les ouvriers qui n'avaient pas de terre ne pouvaient jamais se marier, même à une fille d'un petit fermier. Ils n'étaient pas assez considérés. Aussi, la terre et le bétail étaient très importants.

 

Un fermier souhaitait marier sa fille à un homme possédant de la terre et le fermier, souhaitant se marier, s'attendait à recevoir une dot de sa future femme. Une dot était une somme d'argent donnée par les parents de la fille au futur marié, ou bien, cela pouvait être une vache. Si la fille n'avait pas de frère, cela pouvait être un morceau de terre très apprécié du futur marié.

 

AUTRES ENDROITS OU LES GARCONS ET LES FILLES

RENCONTRAIENT LEUR FUTURS MARIS ET FEMMES

 

 

 

 

1-BAL EN PLEIN AIR

 

Les soirs d'été, les jeunes gens se rencontraient aux carrefours, ou dans des endroits bien connus. Il y avait de la musique et des danses.

Voici comment un vieux monsieur de Belleek décrit le bal en plein air à Belleek.

" Le bal avait lieu sur un parquet, un parquet posé dans les champs. Les soirs d'été, les jeunes venaient des kilomètres alentour, pour y danser. Le parquet était juste posé par terre, on pouvait y danser jusqu'à huit le " Four Hand Reel ". On pouvait y voir venir des centaines de personnes. Il n'y avait pas beaucoup de bicyclettes alors, ils venaient donc à travers champs de Ballyshannon, Belleek et Garrison…

Je jouais du violon. Il pouvait y avoir jusqu'à dix joueurs de violon. En été, le dimanche soir, à l'heure du dîner, tous les jeunes se rassemblaient par centaines. "

Les gens écrivaient souvent des chansons au sujet des choses qui se passaient aux alentours de chez eux.

 

 

2-RASSEMBLEMENT EN HAUT DE LA COLLINE

 

C'était un lieu populaire pour la rencontre des jeunes. La fête païenne de Lughnasa était célébrée le premier août. C'était en l'honneur du dieu Lugh qui était supposé s'occuper des récoltes.

Une tradition à Lughnasa était le rassemblement des jeunes gens sur une colline. Les myrtilles poussaient parmi la bruyère sur les pentes de la colline. Aussi, le premier dimanche d'août, ou le dernier dimanche de juillet, les jeunes gens montaient au sommet de la colline pour ramasser les myrtilles, danser et chanter. On appelait cela le dimanche des Myrtilles.

Benaghlin ou Bin est une colline située à environ 12 km de l'école. On peut y aller de la route qui va de Enniskillen à Swanlinbar. Cette colline était un lieu enchanteur. Et Donn Maguire, le premier prince de Fermanagh était supposé y vivre. Des foules de jeunes et de vieux montaient cette colline, le dernier dimanche de juillet. Il y avait des joueurs de violons et on y dansait.

Lisez cette description d'une vieille dame du Donegal :

" Autant que je m'en souvienne, j'entendais les vieilles personnes dire que c'était le premier dimanche du mois qu'ils avaient l'habitude d'aller en haut de la colline, pour ramasser des myrtilles et s'y amuser. Les jeunes y montaient aussitôt le repas du midi et ne retournaient qu'à la nuit tombée. Les gens venaient d'un peu partout.

Les gens alors portaient leurs plus beaux habits et ne portaient pas de bottes.

Dès leur arrivée, en haut, ils s'asseyaient et mangeaient. Ils emportaient des gâteaux de flocons d'avoine et du lait. Puis, ils cueillaient les myrtilles, s'éparpillaient soit en groupes soit par deux

Quand ils retournaient de leur cueillette, ils avaient une étrange coutume. Ils s'asseyaient et les garçons commençaient à faire des bracelets de myrtilles pour les filles. Ils avaient apporté du fil dans leurs poches. Ils avaient aussi ramassé des tiges rigides avec lesquelles ils passaient le fil dans les myrtilles et c'était à qui ferait le plus beau et le plus joli bracelet.

Quand cela était fait, on désignait un garçon ou une fille pour chanter une chanson. La mélodie devait alors continuer de personne en personne. Après avoir chanté, ils dansaient et, d'après les anciens, il n'y avait pas d'instruments de musique, ils devaient marquer la cadence.

Avant de redescendre, les filles devaient retirer leurs bracelets de myrtilles et les laisser au sommet de la colline.

Personne ne sait la signification d'une telle coutume. Tous l'ont appris des anciens et chacun perpétuait la tradition. "

 

 

3-ENLEVEMENT

 

Très souvent, les jeunes gens devaient contourner le mariage arrangé en provoquant un enlèvement. Si deux jeunes gens tombaient amoureux, et si, leurs parents ne leur permettaient pas de se marier, souvent ils partaient ensemble. Ils allaient chez un ami et les parents de la fille étaient si mécontents de voir leur fille partir avec un garçon avant le mariage, qu'ils leur donnaient leur consentement.

Certains couples d'amoureux se mariaient secrètement afin de ne pas être découverts par leurs parents.

Voici l'histoire d'un homme du Donegal qui s'est marié il y a cent ans.

 

PADDY GALLAGHER

" Sally et moi avions décidé de nous marier, mais ne voulions pas que nos parents le sachent. Moi, tout particulièrement, car je ne pouvais pas les quitter pendant encore plusieurs années, parce qu'il fallait que je donne mes gages à mes parents.

Nous nous sommes mariés un samedi matin à Dungloe. Sally avait sa sœur Madgie pour demoiselle d'honneur et j'avais un cousin comme garçon d'honneur. Sally est allée dans sa propre maison, en ville, avec sa sœur, après le mariage. Je suis allé chez moi à Cleendra et quand j'ai pu, j'ai préparé mes affaires, je me suis glissé dans le noir, sans le dire à personne. Je suis resté en ville avec un de mes amis cette nuit-là.

Le jour suivant, j'étais debout de bonne heure, car Sally et moi avions projeté partir en Ecosse. J'ai attendu au coin de la rue, jusqu'à ce que je la voie venir. J'étais très heureux. Quand elle est arrivée à ma hauteur, elle s'est mise à pleurer. Je crois que je me suis mis à pleurer aussi.

Au moment de partir, le père de Sally est arrivé, et a tendu la main à sa fille. Je suis sûr qu'il lui a donné le dernier penny qu'il avait au monde… Il m'a également serré la main et m'a dit : " Je vous souhaite, à tous les deux, bonne chance. Que Dieu vous bénisse ! J'espère que tu seras bon envers Sally."

Une des raisons pour lesquelles Paddy et Sally ne pouvaient pas rester à la maison, était qu'il n'y avait pas de place pour eux.

Il n'y avait que deux chambres. Paddy devait sans doute avoir plusieurs frères et sœurs encore à la maison. Il n'avait pas les moyens de construire ou d'acheter une maison pour lui-même. Même si ses parents avaient été les seuls à vivre dans la maison, il aurait été difficile pour Sally de vivre avec sa belle famille. Beaucoup de couples devaient le faire.

 

D'AUTRES FACONS DE RENCONTRER

UN MARI OU UNE EPOUSE

 

 

 

 

1-TAILTEAM FAIR

 

Tous les mariages n'étaient pas arrangés et, depuis les temps les plus reculés, des garçons et des filles trouvaient leur partenaire sans l'aide des marieurs.

A environ cinq miles de Navan, il y a un village qu'on appelle Teltown. A Teltown se tenait autrefois la foire la plus importante et la plus célèbre de la région. On l'appelait The Tailteam Fair. Des jeunes gens et des jeunes filles s'y rassemblaient et trouvaient leur partenaire, soit par hasard, soit par l'intermédiaire de marieurs.

 

Voici comment ils pouvaient trouver un partenaire au hasard.

Il y avait dans la campagne une cuvette qu'on appelait " Lag an Aonaig " avec un mur long et haut, lequel permettait aux jeunes gens de se retrouver. Dans le mur, il y avait une petite porte en bois avec un trou assez large pour laisser passer une main.

Un certain nombre de jeunes gens se rendaient à cet endroit par le côté nord du mur, alors qu'un nombre égal de jeunes filles y allaient par le côté sud. Le mur était assez haut pour qu'ils ne se voient pas. Une des femmes passait sa main à travers le trou de la porte et un homme la lui prenait de l'autre côté. Il était seulement guidé par l'apparence de la main.

 

Il y avait également des mariages arrangés à The Tailteam Fair.

De tous les environs, les jeunes gens venaient avec leurs parents. Les célibataires étaient mis à part dans des lieux séparés pendant que leur père et mère faisaient les arrangements, se préoccupaient des détails et discutaient des dots. Les couples étaient ensuite mariés, les cérémonies avaient toujours lieu dans un endroit particulier.

 

Les fêtes locales étaient des endroits populaires pour que les jeunes gens se rencontrent et que des mariages soient arrangés.

 

 

2-LISDOONVARNA

 

Un autre vieil endroit de rencontre était Lisdoonvarna dans le comté de Clare.

Chaque automne, il y avait une fête pendant laquelle les célibataires des alentours venaient trouver mari et femme. Il y a longtemps, se tenait une sorte de loterie, le dimanche de la fête connue sous le nom de Garland Sunday. Les futures mariées venaient de très loin dans des charrettes joliment peintes et prenaient part à une parade. Elles devaient ensuite marcher pieds nus sur du gravier en soulevant leur jupon coloré pour montrer leurs chevilles. Un certain nombre d'entre elles était sélectionné et leur nom était mis dans une boite. Probablement, les célibataires, désireux de trouver une femme, se disputaient pour avoir leur nom mis dans une autre boite. De la première boite, on tirait le nom d'une fille et de la seconde boîte, on tirait le nom d'un homme. Cet homme devant devenir son mari. Il y avait effervescence lors du tirage des noms. De bons mariages étaient ainsi faits, mais, beaucoup d'entre eux, étaient condamnés à vivre avec quelqu'un qui ne leur correspondait pas.

 

 

 

CEUX QUI NE SE MARIAIENT PAS ETAIENT MEPRISES

 

 

 

 

Autrefois en Irlande, les gens étaient très cruels envers ceux qui ne se mariaient pas. La plupart des mariages avaient lieu le jour du Mardi Gras, le dernier jour avant le début du Carême. Le premier dimanche du Carême s'appelait " Chalk Sunday " (la dimanche de la craie) dans de nombreux lieux en Irlande. On l'appelait ainsi parce que, ce jour là, les hommes et les femmes qui n'étaient pas mariés avaient leurs vêtements marqués de rayures tracées à la craie. Les jeunes garçons les poursuivaient et les marquaient. Les jeunes hommes et les jeunes filles en faisaient autant. Certains jeunes marquaient leurs victimes avec ce qui était utilisé pour marquer les moutons, et c'était très difficile de faire disparaître ces traits.

 

Dans certains villages, on répandait des cendres sur les vieux garçons et sur les vieilles filles le Mercredi des Cendres. Parfois, on leur jetait du sel, dans le but de les conserver jusqu'au prochain Mardi Gras.

 

Ceux qui n'étaient pas mariés, après le Mardi Gras, étaient déçus et tristes. Souvent, le premier dimanche du Carême s'appelait " Domhnach na Smuit " (Puss Sunday). Smuit veut dire un regard courroucé ou un air maussade. La nuit du Mardi Gras, dans certains villages, on faisait des plaisanteries sur les vieux garçons. Leur porte était attachée et leur cheminée était obstruée pour que leur maison se remplisse de fumée. Des têtes de choux étaient prises dans le jardin de ces garçons et jetées à leur porte.

 

Parfois, une femme, en forme d'épouvantail, était mise à leur porte.

 

COUTUMES DU MARIAGE DANS LES ANNEES 1920

 

 

 

 

Témoignage d'un homme de Fermanagh

 

A ce moment-là, il n'y avait pas de salle pour danser. Cependant, les jeunes gens ne manquaient pas de moyens de s'amuser et se rassemblaient dans une maison appropriée, la nuit du dimanche au lundi. On jouait du violon et de la flûte. Ils chantaient et dansaient jusqu'à onze heures, minuit. Mais, parfois, le bal durait jusqu'au petit matin. Ils ne se mariaient pas si jeunes à ce moment-là.

C'était toujours les plus vieux qui avaient la préférence. Ce que la fille pensait n'importait guère. Le père et la mère préféraient les hommes de 35-40 ans. Ils disaient qu'ils étaient plus pondérés, équilibrés, qu'ils avaient fini leurs fredaines et qu'ils avaient plus de chance d'être un bon mari.

L'homme qui devait travailler au loin était un mauvais parti selon les parents. Il conseillait même à leur fille d'émigrer plutôt que de se marier et d'avoir une maison vide durant le jour.

Quand mon père et ma mère sont morts et que mes sœurs se sont mariées, j'étais tout seul. Ce qui n'était pas très heureux. Les gens me conseillaient de me marier. Un homme de Cavan m'a fait rencontrer à Swalinbar, un homme des environs qui avait une fille et de l'argent. Mais, quand l'homme m'a vu, il a dit : " Il est trop jeune, il ne sera pas un bon parti avant dix ou quinze ans " J'avais alors 21 ou 22 ans, et je ne me suis jamais senti aussi jeune de ma vie. Quelques années plus tard, j'ai rencontré la fille d'un fermier voisin. Nous nous sommes mariés.

 

LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE

 

Le plus populaire de tous était le vieux gramophone : " La Voix de son Maître ". Il était tout simple, avec une platine pour les disques de 78 tours. Il avait une poignée sur le côté pour remonter le ressort et un bon stock d'aiguilles, car il fallait les changer très souvent. Les airs les plus dansés étaient : " The Cuckoo Waltz " " The Geese in the Bog " et " The Seige of Ennis ".

Parfois, il y avait un ou deux musiciens qui jouaient du violon ou de l'accordéon.

 

 

 

LE VAISSELIER

 

Le vaisselier était un meuble estimé dans toutes les maisons en campagne. Il portait des rangées de vaisselle colorée. En haut, se trouvaient de grandes assiettes transmises de génération en génération, elles avaient souvent des décorations bleues ou marron, à motif de saule pleureur.

Quand la musique commençait on faisait place nette dans la cuisine. Les femmes de la maison mettaient une chaise renversée, devant l'âtre, pour éviter que quelqu'un ne tombe dedans.

On dansait surtout des valses anciennes et des danses avec des figures imposées.

 

 

 

 

PREPARATION DU MARIAGE

 

Il y a longtemps, les filles avaient l'habitude de préparer leur mariage dès leur plus jeune âge. C'est ce qui s'appelait : rassembler le " Bottom drawer ". Le " Bottom drawer " était le nom donné à l'ensemble des choses que la future mariée devait rassembler pour son mariage. Une des choses les plus communes, était le couvre-pied piqué, en patchwork. Le dessus de ce couvre-pied en patchwork était habituellement fait par la jeune fille elle-même, mais, elle devait organiser un groupe d'amies pour l'aider, pour le capitonnage. Pour cela, elle devait organiser une " Quilting party ". Bon nombre de ses amies devaient venir chez elle et, tout en finissant le couvre-pied, elles discutaient autour d'une tasse de thé. C'était l'occasion de beaucoup parler à propos des garçons et de ceux qui les courtisaient. Parfois, la " Quilting party " avait lieu toute une journée et ensuite on dansait et chantait. Les garçons venaient à ce moment-là, et, bien sûr, c'était l'occasion de se rencontrer et de se faire la cour.

 

 

 

LE TROUSSEAU

 

Voici quelques exemples de vêtements constituant le trousseau d'une fille riche, il y a de cela 40 ou 50 ans.

- un jupon en laine

- deux jupons en soie

- quatre jupons en coton

- six corsages

- deux cardigans à bouton

- un pull-over sans manches

- un gilet

- trois paires de chaussures

- une paire de pantoufles

- une paire de gants

- un chapeau

- un sac à main

- une robe et une veste

- six chemises de nuit légères

- deux chemises de nuit chaudes

- une douzaine de mouchoirs, etc….

 

 

 

 

LES CADEAUX

 

Cette tradition remonte à très longtemps. Pour les riches, le cadeau de mariage était souvent un cadeau personnel pour la mariée, par exemple un bijou. La plupart du temps, les cadeaux de mariage étaient des choses dont le jeune couple avait besoin pour s'installer.

 

Tels que : une théière, un plat à beurre, des serviettes de toilette, une nappe, un service à thé, une chemise de nuit, des couteaux…. On indiquait le nom des généreux donateurs.

 

 

 

 

LA ROBE DE MARIEE

 

Les mariées ne s'habillaient pas comme maintenant. Les pauvres gens portaient des habits ordinaires. Il y a 70 ou 80 ans, la jeune fille portait un costume, c'est ainsi qu'on l'appelait. C'était une veste et une jupe qu'elle portait à l'église, les dimanches, après le mariage. Le marié et la mariée avaient l'habitude de porter leurs vêtements de mariage, le dimanche suivant la cérémonie. On l'appelait " Showing off Sunday ".

La robe de mariée est devenue habituelle sous le règne de la Reine Victoria (1901-1937). Seulement les riches avaient la possibilité d'en acheter une. Les premières robes étaient marron ou beige, et on les portait, à nouveau, au bal ou aux fêtes huppées.

 

 

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